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 Adriel D. Rosewood débarque. [Terminé]

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Adriel D. Rosewood
Amateur
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Messages : 31
Date d'inscription : 03/07/2012

Feuille de personnage
Réputation: Orateur méprisant.
Gardien / Mentor: Gauthier Baudeleau
Devise: Si tu ne peux vaincre ton ennemi, fais-en ton ami.

MessageSujet: Adriel D. Rosewood débarque. [Terminé]   Mar 3 Juil - 23:38


Nom : Rosewood
Prénom(s) : Adriel Duncan
Surnom : Dan
Date de naissance : 16 juin 2002
Origine : Manchester - Angleterre, Europe.


Description physique :

La plupart des gens vous diront n’avoir que faire de leur apparence physique. Et lorsque vous tournerez le dos, ils se précipiteront vers le miroir le plus proche afin d’effacer la plus petite imperfection qui leur est accrochée. Lui, ne fait pas partie de ces gens. Son apparence, il ne s’en moque absolument pas, et si on lui pose la question, il n’aura aucune honte à avouer qu’il passe du temps à s’en occuper. Même lorsqu’il a une allure un peu négligée, c’est entretenu et fait pour. Mais la plupart du temps, il adopte un style plutôt habillé, trouvant que cela met plus en valeur sa silhouette fine et bien découpée. Il est fier de sa silhouette de plus d’1m80, et l’entretient régulièrement. S’il n’aime pas trop le sport, il se force à en faire régulièrement pour ne pas perdre sa prestance, et où qu’il aille, quoi qu’il fasse, vous ne le verrez jamais cambré ou affalé. Non, il se tient toujours droit comme un prince, la tête haute, le marcher assuré et dynamique. Ce n’est pas le genre d’individu à montrer de relâchement dans sa personne.

Son visage ne lui déplait pas non plus. Ni trop anguleux, ni trop doux et fin. Sa peau est claire et sans imperfection, car ça aussi il y fait attention. Les seules choses qui l’ennuient sont quelques grains de beauté à peine perceptibles, mais qui attirent son regard à chaque fois qu’il se regarde dans un miroir. Ses lèvres s’étirent souvent en un petit sourire narquois, un rictus quelque peu désobligeant qu’il adresse à ses opposants. Et parfois, c’est un vrai sourire qui fend ce visage, un sourire enjoué et franc, découvrant des dents blanches et bien alignées. Ses yeux noisette vous regarderont toujours de face, quoiqu’il arrive. Il n’aime pas baisser le regard devant les gens, et ceux-ci peuvent alors regarder leur belle couleur qui devient mielleuse et dorée dans la lumière. Il n’aime pas non plus les cacher, et doit pour cela régler le problème de ses cheveux qui lui tombent en mèches sur le front. Sa chevelure dense et brune lui fait quelque fois problèmes, mais il résout le tout grâce à quelques coups de peigne et de gel. Il a horreur de ne pas y voir clair lorsqu’il écrit ou réfléchit, et n’hésite pas à même les attacher lorsqu’il est sûr qu’il ne sera pas dérangé par un visiteur curieux.

Au niveau de ses vêtements, comme dit précédemment, il préfère l’habillé au décontracté. Mais cela ne l’empêche pas de varier tous les styles. Donner une bonne impression de lui lui tient à cœur, et pour ça, il préfère se savoir élégant. Chemises, vestons, gilets et polos lui iront mieux que T-shirts, joggings et sweat. Ce qui ne l’empêche pas d’en porter pour être à l’aise chez lui.

Mais généralement, on peut dire que physiquement, il laisse une bonne impression à ceux qui le rencontrent.


Avatar : Andrew Garfield

Description morale :

Bon, alors, pour parler franchement, c'est pas le gars le plus sympathique au monde lorsqu’on ne le connait pas. Quand il vous parle, il est froid, distant, et la plupart du temps, il regardera ailleurs, comme si la conversation ne l’intéressait pas. Alors que ce n'est pas forcément le cas, rassurez-vous ! C'est juste sa façon d'être. Il est peut-être cassant quand on ne le connaît pas, mais au fond, c'est un bon gars ! Bon, c'est sûr qu'il a pas mal de défauts, mais qui n'en a pas? Par exemple, il est paresseux comme pas possible ! Repousser encore et encore les choses ennuyeuses à faire au lendemain, c'est sa spécialité ! Et il ne faudra pas compter sur lui non plus quand à la notion du temps. En retard (presque) toujours, c'est un signe distinctif. Et encore, s'il n'y avait que ça... Les égoïstes, vous connaissez? Et bien vous en avez un magnifique spécimen ici ! Hors de question de partager, noooon, si les gens veulent quelque chose, ils n’ont qu'à se débrouiller ! Et puis rendre un service, très peu pour lui, surtout si il n'y a rien à récolter en retour ! Et un orgueil monstrueux qui plus est. C'est simple, il y a deux genres de personnes sur Terre. Lui, et les autres, la partie « lui » étant bien entendue la meilleure. Il se sent bien au-dessus des autres. Par les « autres », entendez-les sans ambitions, ceux qui ne travaillent pas, les faibles...

Bien entendu, il a toujours quelque chose à reprocher à tout ! Il trouve la plupart des gens franchement chiants, la plupart des paysages moches et sans intérêt, les activités ennuyeuses... Et il ne se gêne pas pour le faire savoir ! Dit comme ça, on a l'impression de parler du pire mec du monde, mais pas d’inquiétude, c'est très facile de passer outre ! Bon, ça c'est pour les gros défauts, mais il y en a aussi des petits par ci par là. Par exemple, il est très gourmand. Toujours en train de grignoter des gâteaux, des chips, des bonbons. On se demande comment il fait pour rester aussi mince ! Bon par contre, faut pas lui en demander hein, comme on l'a dit plus tôt, il ne partage pas. Ensuite, comme la plupart des garçons, il est un peu pervers. Pas trop non plus, mais quelques magazines spéciaux cachés, des coups d'œil appuyés sur certaines parties de la gente féminine... Classique quoi.
Mais comme on dit, chaque défaut a sa qualité ! Alors passons aux choses un peu plus intéressantes.
La première chose qu'on peut dire, c'est que c'est quelqu'un de sérieux. Quand il se motive à faire quelque chose, il ne le fera pas à moitié ! Surtout quand c'est pour prouver qu'il en est capable. Ensuite, je ne sait pas si on peut vraiment appeler ça une qualité, mais il est très intelligent. Apprendre, se cultiver, il aime ça ! On peut aussi dire qu'il est calme, très calme. Il s'énerve rarement, ne s'agite pas sans raisons, et les gens surexcités l'irritent franchement. Une autre qualité? L'honnêteté. Bien sûr, ça ne veut pas dire qu'il ne ment jamais, mais il est incapable de voler quelque chose. Une grande fierté aussi. Demander de l'aide, c'est pas son truc, il préférerai mourir plutôt qu'avouer qu'il a des problèmes. Bon, il y en a plein d'autres, mais ça serait obsolète d'en parler ici, on va passer à autre chose, hein ! On notera au passage que le paragraphe sur ses défauts est plus long que celui sur ses qualités...

Tout compte fait, ce qu'il faut avec lui, c'est beaucoup de patience. Rien d’autre. Il sait se montrer charmant quand il veut, il suffit de lui rendre la pareille. Et ne croyez pas, il fait souvent de gros efforts pour aller vers les autres, laissez-lui sa chance.


Quel est votre talent artistique ? : L'écriture et la poésie. Autant l'écrit que l'oral.

Comment l'avez-vous découvert ? :
On ne découvre pas son talent d'un coup. C'est quelque chose qui s’immisce en nous dans la plus grande discrétion, qui s'étend, qui s'accroche à chaque parcelle de notre être. Parfois, cette chose se décroche de nous et s'en va. C'est la passion. Parfois, elle prend racine et devient partie intégrante de nous. C'est la vocation. Je n'ai jamais décidé que j'allais avoir pour vocation d'écrire, j'en ai juste senti les germes, et l'ai laissé fleurir à sa guise. Je devais porter cela depuis ma naissance. Je ne pouvait m'exprimer par la voix, la nature m'a donc permis de vivre par les mots. Pour ressentir, j'ai dû écrire. Je passais des heures à coucher des mots sur le papier, des mots dont la musique était douce à mon cœur, des mots qui pouvaient seuls décrire ce qui m'entouraient. Ces mots, je ne les partageais avec personne. Je ne sais plus quel âge j'avais, je ne sais plus où c'était. Quand j'y repense maintenant, j'en arrive à la conclusion que c'est quelque chose que j'ai toujours su.



Histoire :

Adriel Duncan Rosewood est né un jour de grande chaleur, au début de l’été, dans un grand hôpital blanc et gris de Manchester, en Angleterre. Son père, Henry William Rosewood, dirigeant plein de gloire de la mondialement reconnue entreprise florale était venu en urgence d’Italie pour la naissance de son fils. Sa mère, Helena Meredith Rosewood née Bellingham, experte en botanique méritante, tendait les bras vers son premier fils. Sa première soeur, Melinda Benedict Rosewood, âgée alors de 9 ans, se tenait sur la pointe des pieds sans une expression, habituée maintenant à l’émoi des naissances. Sa seconde sœur, Meredith Anna Rosewood, 6 ans à cette époque, clamait haut et fort ses désirs, réclamant royalement un peu de cette attention qu’on offrait au bébé, et qui aurait dû –en toute logique- lui revenir de droit. Sa troisième sœur, Ruby Abigail Rosewood, qui allait avoir 4 ans dans quelques semaines, regardant ostensiblement ses pieds, se demandant si elle allait devoir partager sa chambre, ses jouets, son espace vital et son oxygène avec le nouveau venu.

La famille Rosewood réunissait toutes les qualités et défauts possibles. Il semblait que la nature, ayant certainement autre chose à faire que de créer des êtres humains normaux qui puissent se fondre dans la masse, s’était contentée de prendre un à un les membres de la famille, et de jeter sur eux un panel de caractéristiques diverses et variées, sans aucune logique, pour en faire des individus clairement différents les uns des autres. Ainsi, Mr. Rosewood, rigoureux, droit, un homme de ceux qui savent prendre les bonnes décisions, se retrouvait souvent confronté au tempérament rebelle et belliqueux de leur aînée Melinda. Jeune fille souvent défendue par l’excentrique et brillante Mrs. Rosewood, qui n’appréciait pas cependant l’allure apathique et molle de leur dernière en date, Ruby. Régnant en véritable princesse sur tout ce petit monde, Meredith établissait sa loi aux autres, enfant gâtée, capricieuse et bruyante. Elle n’aurait jamais pensé qu’un caractère égocentrique, froid et meneur d’homme comme Adriel vienne un jour faire peser une menace sur le trône qu’elle occupait.
Malgré toutes ces divergences, chaque membre de la famille vivait une existence tranquille et heureuse, largement soutenue par une bonne situation financière et le bon roulement de l’entreprise. En effet, la famille Rosewood se spécialisait depuis quelques générations déjà, dans l’étude, la production, l’entretien et la vente de fleurs. Avec de grands fleuristes dans les plus grandes villes telles que Londres, Paris, New York, le succès de l’entreprise était bien reconnu dans le monde entier. Il n’en fallait pas moins pour créer un cadre de vie idéal à toute nouvelle progéniture entrant dans la famille.

C’est ainsi que le petit Adriel entra dans le monde curieux des fleurs. Dès son arrivée à la demeure familiale, quelques jours à peine après sa naissance, on lui fit visiter le manoir de la famille, mais également l’immense parc qui l’entourait, et les gigantesques jardins floraux et serres qu’aimait entretenir la famille. L’enfant fut plongé dans ce monde végétal, et, les yeux à demi fermés, subissait l’agression de couleurs vives et chatoyantes auxquelles il n’était pas habitué, respirait l’odeur suave des fleurs en tous genres qui ornaient buissons, arbres et touffes d’herbe, écoutait le bruit des feuilles bruissant dans le vent doux de juin et des oiseaux. Bien entendu, il n’avait aucune idée de ce qui l’entourait, et la seule pensée, ou plutôt le seul instinct qu’il avait à ce moment était celui de se blottir contre sa mère pour s’échapper de ce monde trop neuf et trop brillant pour lui.
Ce monde qui l’avait tant agressé dans ses premiers jours, devint bientôt son unique refuge et lieu de vie, comme il l’était devenu pour ses sœurs. Au fil des années, l’enfant apprenait, se fondait dans cet univers. Ses sœurs, tout d’abord hostiles à cet élément masculin qui empiétait sur leur vie en firent finalement leur poupée, leur nouvelle source de distraction. Mr. Rosewood, que sa qualité de PDG aspirait bien souvent à l’étranger, n’avait pas de temps pour s’occuper de ses enfants. Si il les couvrait de cadeaux et d’affection entre ses voyages, si il les aimait tendrement, il faisait passer son entreprise avant tout, et laissait à sa femme le soin de les élever. Mrs. Rosewood, quant à elle, surveillait les enfants de loin, toujours plongée dans de grands ouvrages sur la flore du monde entier, toujours occupée à créer de nouvelles fleurs, toujours à entretenir les immenses plantations. Les trois jeunes filles emmenaient donc leur poupon de frère découvrir les jardins. Et Adriel découvrait ce monde dans lequel il devrait vivre toute sa vie. Ses cinq sens étaient mis à l’épreuve. Il voyait de grandes plages multicolores, les pétales irisés des fleurs briller à la lumière, la poudre de pollen brillante qui se déposait sur ses doigts lorsqu’il touchait le cœur d’une fleur. Il sentait toutes ces odeurs, depuis le doux parfum d’une rose parfumée à peine éclose, jusqu’à l’écœurante senteur d’un fruit pourrissant tombé sur le sol. Il entendait les feuilles bouger, les oiseaux picorer les branches et les fruits et parfois chanter dans les feuillages. Il touchait tour à tour les doux pétales d’un lys ou d’une tulipe, puis s’abîmait la peau sur la tige agressive d’une branche d’ortie où les épines d’un rosier. Et il goûtait aussi la saveur d’un pétale de violette ou d’une fleur de jasmin qu’on laissait poser sur la langue, le sucre d’un fruit juste cueilli.

Le Paradis, il était là. Il n’avait besoin de rien d’autre. Il grandissait enfermé dans ce monde de jardins digne d’un conte pour enfants. Il grandissait et devenait un enfant doux et calme, sans un geste agressif, sans une parole plus haute que l’autre. Il ne parlait pas, ou peu. Seuls des murmures et chuchotements s’échappaient de ses lèvres. On ne s’étonna pas de cet enfant passif qui préférait les livres aux jouets, l’apprentissage à l’amusement. On le laissait grandir, enfermé dans sa timidité et son monde, sans faire un effort pour l’en sortir. On le laissait se retirer et s’échapper au milieu des plantes. Il ne communiquait pas avec les autres, incapable de traduire sa pensée par des mots. Gêné par cela, parfois humilié, il se contentait d’écrire chaque mot qu’il n’arrivait pas à dire sur une feuille de papier, et de le lire encore et encore, jusqu’à ce qu’il ait assez de volonté pour le faire sortir de sa gorge face aux autres. Enfant trop timide pour ses sœurs aventurières, elles se lassèrent finalement de ce jouet qui ne riait pas lorsqu’on le chatouillait avec une tige plumée, qui ne pleurait pas lorsqu’on lui faisait saisir à pleine main une branche de rose. Elles le laissèrent avec le temps, préférant se trouver des occupations plus amusantes, sortant des jardins pour découvrir la ville, délaisser petit à petit ce monde. Quand Adriel eu 5 ans, il n’eût plus que sa jeune sœur Ruby qui lui portait attention. Il la suivait à travers les allées fleuries lorsqu’elle décidait de se promener, s’allongeait à côté d’elle sur la terre sèche lorsqu’animée par une soudaine volonté humanitaire, elle décidait d’aider les fourmis à porter leurs paquets à l’aide de brindilles. Il s’asseyait à côté d’elle sur les bancs de pierres en silence lorsque munie de son carnet à dessin et de son crayon, elle recopiait ce qu’elle voyait. La passion de cette sœur était le dessin. Elle disait aimer capturer à jamais ce qui l’entourait, et le sublimer pour le montrer à ceux qui ne le connaissaient pas. Le jeune Adriel, attentif, suivait la courbe du crayon de la jeune fille lorsqu’il traçait le contour délicat d’un pétale ou la courbe fine d’un brin d’herbe. Et parfois, il essayait lui aussi de capturer ce qui l’entourait, sans y arriver. Le dessin n’était pas fait pour lui, il enlaidissait la réalité au lieu de l’embellir. Triste, il allait voir sa mère, qui prenait alors son énorme livre qui renfermait toutes les informations sur toutes les fleurs du monde, et ils en lisaient chacun une page l’un après l’autre. Au fur et à mesure que les années passaient, ce rituel devint quotidien. Mais il ne reconnaissait pas les fleurs qui étaient décrites dans le livre. Le livre parlait bien de la rose, cette fleur de la famille des Rosaceae aux multiples pétales imbriqués qui est la plus cultivée au monde. Mais il ne parlait pas de la rose, cette fleur belle et arrogante, dont les fragiles pétales à la texture de soie s’ouvrent lentement dans la lumière, diffusant autour d’elle ce parfum doucereux et suave. Il ne parlait pas non plus de la beauté fragile de cette fleur, de ce besoin de se protéger derrière des épines acérées et agressives afin de meurtrir la chair de ceux qui oseraient poser leurs mains sur la fine tige de la fleur. Il était déçu par cette fausse réalité qui lui était décrite. Il voulait la décrire lui-même, telle qu’elle était.

Il passait des heures au milieu des végétaux, et tandis que sa sœur dessinait ce qui l’entourait, il écrivait ce qui l’entourait. Il décrivait le parfum capiteux du jasmin qui flottait dans l’air, la lourde odeur des lilas qu’apportait la brise d’été, la senteur subtile des roses colorées qui alourdissaient les branches auxquelles elles étaient suspendues. Il décrivait la sensation de bien-être et de confort qui l’envahissait lorsqu’il sentait l’odeur mielleuse des églantines délicates et flamboyantes, dont les fleurs frissonnaient à chaque brise. Il décrivait le sourd vrombissement des abeilles rampants dans les herbes ou volant sempiternellement en rond autour des pétales dorés des chèvrefeuilles, le pollen brillant accroché à leurs minuscules pattes. Il décrivait la poudre fine que déposaient les ailes des papillons lorsqu’on les faisait prisonniers de nos doigts, et qu’on les laissait finalement s’envoler dans l’air chaud, leur trajectoire quelque peu gauche à leur soudaine liberté. Il décrivait toutes ces choses merveilleuses qu’on voit dans les jardins. Et au fur et à mesure qu’il écrivait, sa langue se déliait. Il parlait comme il écrivait, il racontait une histoire, et les gens l’écoutaient comme on la lit. Il faisait pleurer son entourage sous sa plume et sous sa voix, le faisait rire au gré de ses mots. Lui, si silencieux, si secret, il maniait maintenant les mots comme un maître, déclamant textes et poèmes à toutes heures, persuadant les autres aisément grâce à ce don qu’il s’était découvert. Il vécut heureux, empli de sérénité et de joie par ces actions, ne manquant de rien tant qu’il pouvait écrire ses pensées et décrire ce qui l’entourait.

Lorsqu’il eut 17 ans, il rejoignit ses sœurs et sa mère à la boutique familiale. Là, il parlait encore, écrivait encore, vantant cet univers qu’il connaissait si bien. Il devenait plus habile encore avec les mots, montrant ses écrits aux professeurs de lettres et amis de la littérature qui le félicitaient, murmurant des poèmes à l’oreille des jeunes filles, dans lesquels ils les comparait à la fleur qu’elles achetaient, décrivant les magnifiques jardins de sa demeure à ceux qui n’avaient jamais rien connu d’autre que les murs gris et l’odeur polluée de la ville. Pendant un an, cette vie dura, et personne n’eut jamais à se plaindre de lui, tout comme il n’avait à se plaindre de lui.

Quand les phénomènes géologiques s’accélérèrent brutalement, on ne s’en inquiéta d’abord que très peu. L’Angleterre, aux vues de sa condition d’île, fut d’abord moins touchée par la surprenante croissance de la végétation. On voyait à la télévision les grandes villes d’Europe se transformer en jungle, la verdure dominer le gris, le végétal sublimer le minéral. Petit à petit, le phénomène s’étendit jusqu’à l’Angleterre, et les plantes dominèrent également le pays. Mr. Rosewood voyait d’un très bon œil cette croissance, qui ne pouvait qu’être bonne pour la production. Mrs. Rosewood, au contraire, s’inquiétait fortement. Les fleurs s’embellissaient, devenaient plus nombreuses, tout comme les mauvaises herbes, qui se développaient encore plus vite. Bientôt, la famille ne put qu’observer avec une immense tristesse les fleurs colorées étouffer sous l’étreinte strangulatoire du lierre et du chiendent. La lumière était absorbée par les feuillages denses d’arbres monstrueux qui étendaient leurs branches au-dessus de la terre craquelée dont leurs épouvantables racines suçaient tous les nutriments, ne laissant plus rien aux autres végétaux plus fragiles. Sous ces arbres, ça n’était que mousse humide et champignons.
La ville était dévastée par la croissance trop rapide des arbres qui décoraient avant les rues. Les racines défonçaient l’asphalte des routes, les branches perçaient les murs des immeubles, les feuilles tissaient au-dessus des passants un toit vert épais de plusieurs mètres qui empêchait toute fuite de lumière, plongeant la ville dans le noir. Dans cette nuit perpétuelle, le taux de criminalité fit un bond en avant dans les rues de la ville. Protégés par le noir, bandits, voleurs, agresseurs, vandales, tous se mettaient à l’œuvre, pillant les magasins et les maisons, volant les voitures, attaquant les rares promeneurs. Pour y remédier, on mit en place une installation électrique sommaire, souvent ravagée par les arbres ou par ceux à qui l’obscurité profitait. La consommation d’électricité fit un bond en avant, les impôts augmentèrent brutalement afin de permettre l’achat de cette énergie indispensable. Mrs. Rosewood, en temps qu’experte botaniste, fut rapidement appelée à tous les sommets qui cherchaient des solutions à cette crise écologique, et intégra immédiatement un groupe de scientifiques, laissant sa famille se débrouiller sans elle. Au grand désespoir de Mr. Rosewood, la faillite menaçait peu à peu l’entreprise. La production était étouffée par les mauvaises herbes, et les principaux clients d’Europe ne voulaient plus entendre parler de fleurs. Bien que la demande fût toujours forte sur les autres continents, le coût des transports devenaient exorbitant, et les bénéfices s’amenuisaient. La boutique où Adriel travaillais avec sa seule sœur Ruby n’attirait plus de client, mais uniquement des gens venus admirer les œuvres de la jeune fille ou entendre les discours du jeune homme. Cependant, la boutique fut dévastée en quelques jours par la racine d’un immense peuplier, qui effondra deux murs et perça le sol.

N’ayant plus aucune source d’occupation, Adriel et Ruby rentrèrent au manoir, qui ne ressemblait plus qu’à une vaste construction recouverte par le lierre. Les jardins merveilleux de leur enfance n’étaient plus qu’un enchevêtrement anarchique de plantes et lianes en tous genres, véritable forêt vierge. Le soir, ils dinaient en silence avec leur père, à la lueur de bougies, les racines des plantes ayant détruit les installations électriques de la propriété. La vie alla ainsi pendant deux ans. Jusqu’à ce qu’un jour, Safety Crick soit évoqué. Mr. Rosewood voulait y envoyé les deux enfants qui lui restaient, Melinda et Meredith ayant déjà quitté le continent pour l’Asie. Cette déclaration déclencha un grand émoi parmi les trois personnes présentes, ainsi que des disputes à répétition à chaque fois que le sujet était abordé. Avec ses dessins, Ruby avait toutes ses chances de pouvoir y aller, tout comme Adriel et ses textes. Mais si le jeune homme restait totalement indifférent à cette décision, la jeune fille voyait encore dans ce lieu les merveilles de son enfance, ne pouvant se résoudre à le quitter. Il fut donc décidé qu’Adriel partirait seul pour l’instant, que peut-être elle le rejoindrait plus tard. Lorsqu’à l’aéroportà Safety Crick on lui souhaita bon voyage jusqu’au Paradis terrestre, la seule pensée qu’il eut fut que son seul paradis était perdu à jamais, et qu’il n’en retrouverai jamais un semblable, peut-importe à quel point l’endroit où il allait soit merveilleux.

Accessoire fétiche emporté à Safety Crick :
Une pochette à dessin contenant aussi bien des œuvres que des textes. Dans cette pochette, il conserve précieusement tout ce qui touchait aux jardins de son enfance. On y trouve des esquisses, des crayonnées, des aquarelles, et toutes sortes de peintures et dessins représentant cet univers dans lequel il a grandit. Mais on y trouve aussi des textes de sa main décrivant fidèlement chaque recoins de ces jardins, les impressions qu'il y a ressentit, les moments qu'il y a passé. Il tient à ce souvenir d'un ancien bonheur comme à la prunelle de ses yeux.

Petite phrase / Citation qui vous correspond : Si tu ne peux vaincre ton ennemi, fais-en ton ami.


Dernière édition par Adriel D. Rosewood le Mar 10 Juil - 13:54, édité 1 fois
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Devise: " Lorsqu'on commence à jouer un personnage, on ne peut pas s'arrêter. C'est finit. Les rôles vous possèdent. " - " La faiblesse personnelle est aussi dangereuse que la violence d'autrui. "

MessageSujet: Re: Adriel D. Rosewood débarque. [Terminé]   Mar 10 Juil - 14:18

J'imagine que tu sais déjà que je vais te dire que j'adore ta présentation, comme toute celle sur tu fais en général.
Donc encore un grand bravo, parce que tes descriptions, ton histoire sont un vrai plaisir à lire.
Le nombre de ligne est plus que bon.
Je t'annonce donc que tu es validé. (:

____________________


" La faiblesse personnelle est aussi dangereuse que la violence d'autrui. "
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Adriel D. Rosewood débarque. [Terminé]
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