Safety Creek
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 Ce que la Lune m'a dit de toi. [Ft. Adriel D. Rosewood.]

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Sympheris K. EagleWood
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MessageSujet: Ce que la Lune m'a dit de toi. [Ft. Adriel D. Rosewood.]   Dim 16 Sep - 10:06




Assise à ma table, un plateau garnit de sucrerie douce pour mon palais, je griffone, encore et encore... On pourrait croire qu'à un moment on s'en lasse de dessiner. C'est vrai, j'ai eu des périodes où je n'avais plus envie de faire face à une feuille vide. Le syndrôme de la page blanche pour une dessinatrice.
Vous savez, je n'ai pas eu tout le temps cet autisme. Il est apparu très tôt, mais mes moments de lucidités sont de plus en plus fréquent. J'ai toujours vécu avec le poids d'un monde satanique sur les épaules. Ici, à SafetyCrick, je me retrouve enfin, un mur de glace se brise. Celui d'être normal. Et ça me fait peur. Si je ne peux plus prédire certaine chose, je suis perdue. Sans ce profil qui me complète, celui de la fille étrange qui parle au mur, je ne suis rien.

Mon menton contre le dos de ma main, une moue affichée sur mon visage, le bras tendu vers un bloc de dessin déjà bien remplis, une esquisse se forme. Mes fusains sur la table, ce charbon noir laisse des traces acajous sur la table à manger. Je ne déjeune avec personne. Voilà 2 ans que je suis ici. L'une des premières à arriver. Ca a été dure, mais le personnel étant gentil avec moi, je ne me suis pas trop sentis isolée tout de suite. Non, c'est quand une vague humaine s'est abattu sur ce coin de paradis, que j'ai été mise à l'écart.

Voilà les mots qui reviennent derrière mon dos, voilà les regards qui me suivent et qui disent : "Tiens, voilà Sympheris, la fille qui est autiste. Il parait qu'elle est folle... Tu crois qu'elle peut nous faire du mal ? Mon père ne m'aurait jamais envoyé dans cette école si il avait su !" Mais je me console en me disant que les gens ne se rendent pas compte de la noirceur de leurs âmes.

Une tape violente dans le dos me fait sursauter. La fille aux cheveux roux, que les arbres m'avaient gentiment susurrer son prénom, se tenait derrière moi, avec un grand sourire sarcastique accroché sur son jolie minois.

- Alors Folle Dingue, on s'amuse à parler à une table ?

Je me retourne avec une colère qui envahit mon coeur. Je déteste les contacts physiques que je n'autorise pas. Je lève mes yeux vers elle, et la défis du regard. Elle glousse avec ses quatres autres copines, se tenant leurs doigts manucurés sur la bouche, et sortant un bruit strident, digne d'un dindon qu'on égorge.

- T'as pas peur qu'elle te dise que t'es moche ?

Je fronce les sourcils. Ses attaques blessantes m'atteignent, elle le sait. Mais elle ne peut pas deviner que provoquer une étrange personne à des conséquences tragiques.

- Non.

Belle répartie Ky, bravo... Elles se tordent de rire. Impuissante, je me lève d'un bon, attrape dans mes doigts délicats un de mes cupcakes et l'étale avec plaisir sur son tee shirt rose, un peu trop petit pour son opulente poitrine. J'y laisse tomber le sucre glace et m'essuis gracieusement la main du reste de pâtes collés sur me paume. Un autre cri de souris étonnée sort de sa bouche en "O".

- Cinglée tu vas me le payer !
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Adriel D. Rosewood
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MessageSujet: Re: Ce que la Lune m'a dit de toi. [Ft. Adriel D. Rosewood.]   Lun 17 Sep - 17:15

Son stylo tomba de ses doigts sans prévenir, produisant un petit bruit désagréable à ses seules oreilles. Il avait essayé de dessiner une pomme sur sa serviette en papier, tentant misérablement de tromper l’ennui. Mais sous ses doigts, le fruit se déformait, s’étirait, pour ne ressembler finalement qu’à un croquis enfantin, raturé, et impossible à reconnaître. Adriel contempla son échec, les yeux vagues, l’esprit embué. Petit gribouillage lourd de sens. C’en était assez pour aujourd’hui.

Si il y avait bien un moment de la journée qu’Adriel n’appréciait pas, c’était celui du déjeuner. Trop de bruit. Le bruit des voix, le bruit des mastications, le bruit des pas, des couverts, des respirations. Bref, les bruits de la vie humaine. Jusqu’à lors, il n’avait encore jamais réussi à s’y soustraire, rencontrant les hommes partout. Non pas qu’il n’aimait pas l’Humanité, loin de là. Mais il n’aimait pas l’absence continue de calme et de silence qui y était liée.
On lui avait dit « Là-bas, il n’y a que des gens comme toi ». Il n’avait pas pensé que cela puisse être un mensonge. Il avait attendu dans cette douce utopie d’un monde comme il le rêvait, mais ses rêves étaient tombés lors du premier frottement de son être à cette nouvelle vie. Et il vivait désormais comme un automate, tentant tant bien que mal de fuir la foule, la bruyante et répugnante populace. La populace salissait, la populace occupait les moindres recoins de l’espace, la populace dominait en nombre. La populace… hurlait, hurlait comme la jeune fille aux cheveux de feu. Sa voix déchirait l’air et l’espace, couvrant tout, ne laissant à personne l’opportunité de ne pas l’entendre. Ses paupières tremblèrent un instant sur ses yeux clos, dérangées par l’agression sonore.

Elle, la jeune fille qui affronte l’incendie, tu sais qui elle est. On l’appelle la Folle, ou bien la Dérangée, ou encore l’Attardée. Elle a des cheveux couleur de miel dans lesquels bondissent d’étranges papillotes et rubans multicolores. Quelque chose que tu ne sais pas reconnaître déchaîne l’océan de ses yeux, et tu ne doutes pas que cette houle puisse éteindre la flamme qu’elle affronte. Mais le feu tient bon, le feu grossit, le feu prend de l’ampleur, nourri par la haine, la honte, et les fines particules de douceurs sucrées qu’on lui a offert. Il faut l’empêcher de s’étendre, ou il dévorera sur son passage la jeune fille aux yeux d’eau, et par la même occasion ton havre de paix.

Il posa doucement son stylo sur la serviette en papier maintenant ornée de ces quelques mots. La pomme sembla se complaire de cette nouvelle compagnie, et il sembla à Adriel que ses contours hésitants se regonflèrent, laissant place à l’illustration d’un fruit plein de vie. Mais un haussement d’épaule, et l’illusion disparut. Son corps se redressa, il emballa doucement son stylo dans la serviette, soucieux de n’abîmer ni l’un, ni l’autre, et il prit doucement le chemin de la dispute.
Il n’était pas genre à se mêler des querelles des autres. Habituellement, cela lui glissait dessus comme l’eau sur les écailles d’un poisson. Mais pour une raison obscure, il voulait intervenir, laisser un souvenir de son passage dans ce petit moment sans importance. Il ne savait pas à qui s’adresser. Craignait-il plus le feu ou l’eau ? Il se tourna finalement vers la jeune fille aux yeux bleus. Elle lui semblait plus légère qu’une plume, frêle, douce, et aussi fragile qu’un pétale. Et pourtant, il n’osait pas lever la voix.

- Cela te fait si mal, ce qu’elles disent ?


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Sympheris K. EagleWood
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MessageSujet: Re: Ce que la Lune m'a dit de toi. [Ft. Adriel D. Rosewood.]   Lun 17 Sep - 18:49

- Cela te fait si mal, ce qu’elles disent ?

Je tourne mon visage vers cette voix grave et qui a murmuré des mots à mon intêret. Je croise ses yeux marrons. Un instant, je regarde qui il est vraiment. Oui je me rappelle de l'avoir croisé dans le couloir, avoir sentis sa froideur habituel, cet envie de ne pas être ici, à ce moment. L'homme aux mains d'ors. Oui, je me souviens, ça y est.

La rousse fait sa scène d'hystérie plus loin, se plaignant à ses amies que son nouveau tee shirt était complètement foutu, me montrant du doigt avec une haine sans fin. Voilà ce que je suis. Une image transparente, ou bien un putching ball international. Je baisse les yeux sur ma main crasseuse, l'essuyant doucement sur une des serviettes de ma table.

- Quelle importance ? J'ai l'habitude, depuis deux ans. C'est comme ça qu'on me traitre, et je rentre dans le moule qu'on a bien voulu me fabriquer.

Le sucre glace s'accroche sur le tissus et je le chiffone, le jettant sur le plateau garnis de friandises. Je ne sais même pas pourquoi il vient me voir. Je me rassois sur ma chaise, rassemblant mon gros bloc de dessin vers moi, mes fusains, qui me salissent les mains d'un noir maléfique. Je regarde le garçon, se tenir là. Je n'ai pas répondu à sa question. Une boule s'est formé dans ma gorge, ce genre de tristesse qui vous envahit après qu'on vous ait remarqué d'une mauvaise manière, quand le destin vous à pointé du doigt devant une centaine de personne, et que les regards se posent sur vous. Non, je n'ai pas répondu à sa question. Baissant ma tête sur mon sac, je redresse mon visage vers lui, le contempant un peu plus longtemps. Je prends mon index droit salit par le fusain et trace de mon oeil une longue larme, qui brise ma joue en un trait noir, jusqu'à mon os de mâchoire. Comprendras-t-il que la tristesse est un sentiment automatique en moi ? Aucune idée. Je me lève rassemblant avec moi ma casquette et mes ustensiles de dessin, passant par le crayon au pinceau chinois.

- Je m'appelle Sympheris, tu as du entendre parlé de la folle dingue qui parle toute seule.
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Adriel D. Rosewood
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MessageSujet: Re: Ce que la Lune m'a dit de toi. [Ft. Adriel D. Rosewood.]   Mar 18 Sep - 19:53

Quelle importance ? Beaucoup, beaucoup d’importance. Pour lui en tout cas. Il avait l’impression d’être celui qui venait se mêler de tout. Désagréable comme sensation, celle d’être de trop, celle que les gens qui vous entourent ne veulent pas de vous. Maintes et maintes fois il l’avait ressentie. Mais il n’en était pas mort. Il en avait juste souffert. Et finalement, il en avait conclu qu’il fallait mieux être tout seul, que la solitude faisait moins mal.
Il se mordit la lèvre, se demandant s’il l’avait blessée. En temps normal, ça ne l’aurait pas dérangé. Il aurait fait avec. Mais là, il était lassé de prendre sur lui ce genre de sentiments. Il se frotta la tête, indécis. Attendant un geste, un signe de la jeune fille, indiquant qu’elle ne lui en voulait peut-être pas. Mais rien ne se passait. Elle rassemblait ses affaires, sans lui porter d’attention. Des affaires de dessin. Une dessinatrice, encore. Il était surpris de voir qu’il y avait autant de gens qui réussissaient à peindre et dessiner, alors que lui n’y arrivait pas. Non pas qu’il pense que si lui n’arrivait pas quelque chose, personne ne le pouvait, mais il se rendait compte que c’était lui qui était mauvais en dessin, et non pas le dessin trop difficile pour le commun des mortels.
Un éclair bleu interrompit ses pensées, et il fixa cette bille d’azur qui le regardait maintenant. De cette bille coula une rivière de charbon, noire, opaque, frontière brutale coupant en deux le beau visage de la jeune fille. C’était une larme de fusain qu’elle avait tracé, comme pour lui faire prendre vie. Voulait-elle pleurer sans pouvoir s’y résoudre devant le regard de tous ces gens, et devant le sien, qui la fixait toujours ? Mais déjà, elle se redressait et tourna la tête, s’apprêtant à s’en aller.

- Je m'appelle Sympheris, tu as du entendre parler de la folle dingue qui parle toute seule.

Il tourna la tête vers elle, surpris. Il pensait qu’elle avait clos la conversation, qu’elle lui demandait implicitement de s’en aller, ce qu’il s’apprêtait d’ailleurs à faire. Elle changeait d’avis, comme ça. A moins que dès le départ, elle n’ait pas eu l’intention de lui en vouloir. Il lui emboîta le pas, doucement, sans faire de bruit.

- Sympheris… En effet j’en ai entendu parler. Quant à parler toute seule… Tant que toi tu sais à qui tu t’adresses, je ne vois pas où est le problème.

Il déplia la petite serviette où il avait passé l’heure à griffonner et passa la pointe de son stylo sur les contours de la pomme, hésitant à parler. Quand il prit la parole, il murmura, chuchotant presque.

- Je parlais aux fleurs, avant…
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MessageSujet: Re: Ce que la Lune m'a dit de toi. [Ft. Adriel D. Rosewood.]   Jeu 20 Sep - 19:22

- Sympheris… En effet j’en ai entendu parler. Quant à parler toute seule… Tant que toi tu sais à qui tu t’adresses, je ne vois pas où est le problème.

Silencieuse dans mes pas, je pousse la porte du réfectoire, laissant passer le garçon au prénom inconnu. Je ne peux pas voir son prénom. J’ai besoin qui l’écrive. Ses doigts et ses mains m’obsèdent, c’est d’un tel pur, un tel doré, que ça fait rêver. Il écrit, il pense, il dit. C’est un orateur de feu. Mais son chagrin est un trou béant dans sa poitrine, où son cœur inspire la tristesse. Qui suis-je pour lui ? Aucune idée. Il ne me trouve pas étrange. Il y a des gens, comme ça, qui veulent bien me parler, être mes amis. Je ne peux pas les détester. Ils n’ont pas peur, ils me comprennent même, parfois. Je gratte machinalement mon bras, crise d’urticaire qui me prend après avoir eu une émotion dérangeante. Tic d’autiste, tic de monstre…

- Je parlais aux fleurs, avant…

Je relève ma tête brusquement que mon cou craque et une douleur me lance à la nuque. Qu’a-t-il dit ? Qu’ai-je entendu ? Lui ? Parler aux fleurs ? Les scènes se déroulent devant mes pupilles. Cléo, ces fleurs, si bleus, roses, vertes, violettes, rouges… Tant de couleurs, tant de paroles, tant de mouvances… Une beauté qui n’égal pas celle des humaines. Non, les fleurs sont différentes. Elles chantent pour s’adresser à qui veut écouter. Elles sont si fragiles, si douces… Mais si venimeuses. Je regarde le visage de ce garçon, perdu sur un papier chiffonné, où un dessin rond se forme. Une pomme ? Et un texte. C’est tout ce que je distingue.

- Je suis russe, je viens de l’est. Je n’avais jamais vu de fleur, avant mon arrivé ici.

Que racontes-tu, petite sotte ? Il s’en fiche. Je redresse ma frimousse, laissant le soleil incruster ma peau. Je sens sa froideur, son éloignement. Oh non, pas de l’astre, mais du garçon à côté de moi.

- Tu n’es pas heureux ici. Tu aurais préféré ne jamais partir. J’aurais préféré ne pas vivre. On ne choisit pas son destin, on doit le subir avec peine.

Je baisse ma tête, la visière cachant mon visage des rayons du rond jaune, dans le ciel. Je continu de marcher, faisant traîner mes bottes par terre. Ce n’est pas drôle d’être différent. Je vais regretter le geste que j’ai fais à la fille aux cheveux de feu. Mais je l’accepterai, tel est le châtiment de la vie. Je soupire en tenant mon carnet dans mes mains.

- Tu ne pas m’a dis ton prénom.
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Adriel D. Rosewood
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MessageSujet: Re: Ce que la Lune m'a dit de toi. [Ft. Adriel D. Rosewood.]   Dim 30 Sep - 19:28

Lui, il en avait vu des fleurs. De minuscules fleurs à peine plus grosses qu’un ongle, et d’autres dont les pétales étaient larges comme une main. Certaines étaient faites de tissus multicolores, d’autre grises comme la pluie. Il y en avait pour tous les goûts, pour toutes les envies, des folies de fleurs dans toutes les directions. Il aurait voulu lui en parler. Il aimait en parler. Mais il avait peur de la blesser en étalant à ses yeux un bonheur auquel elle n’avait pas eu accès. Il remarqua son regard bleu dirigé sur la serviette en papier, et il ferma vivement les doigts pour la cacher à ses yeux. Il ne laissait que rarement les autres voir ses textes.

- Tu n’es pas heureux ici. Tu aurais préféré ne jamais partir. J’aurais préféré ne pas vivre. On ne choisit pas son destin, on doit le subir avec peine.

Il regarda ses mains, pensif. Est-ce qu’il était vraiment malheureux ici ? La réponse qui lui semblait la plus évidente était oui, bien sûr. Mais à y réfléchir plus profondément, il ne manquait de rien. Rien du strict minimum, en tous cas. Il ne mourrait pas de faim, ni de froid. Il avait un endroit confortable où vivre et écrire. Il savait sa famille en bonne santé. Son seul déplaisir réel était de savoir qu’ils étaient moins bien lotis que lui.
Il la suivait, sans un mot, fixant l’arrière de sa casquette de baseball. Elle était étrange, cette fille, elle donnait l’impression de pouvoir lire en les autres comme on lit un livre ouvert. Et ouvrait toujours ce livre à la page la plus importante, la page qui marque, celle de tous les malheurs et toutes les tristesses. Don ou malédiction ? Ne voir que le mauvais côté des choses rend la vie si noire, mais permet aussi d’en apprécier les bons côtés.
Elle aussi voulait savoir son nom. Tout le monde voulait savoir son nom. Et les gens lui donnaient leur nom, sans qu’il n’ait rien demandé. Mais lui y tenait à son nom, il ne l’échangeait pas comme une vulgaire information. Pas à ceux qui étaient capable d’aller le répéter à tort et à travers. Mais la jeune fille ne semblait pas de ce genre-là.

- Mon nom, c’est Adriel. Adriel Rosewood. Et tu as raison, j’ai bien subi ce que le destin m’a imposé. Mais la seule raison pour laquelle j’ai subi sans rien dire, c’est que je ne pourrai jamais être vraiment heureux que dans un endroit, et que cet endroit n’existe plus.

Il s’arrêta soudainement pour s’accroupir au bord du chemin. Devant lui, des violettes formaient de petites tâches mauves sur le vert de l’herbe. Elles étaient belles, ces fleurs. Aussi petites et fragiles qu’elles étaient, elles étaient magnifiques.

- Sympheris, viens voir. Tu penses que tu pourrais être une violette ? Ou serais-tu une autre fleur ?
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MessageSujet: Re: Ce que la Lune m'a dit de toi. [Ft. Adriel D. Rosewood.]   Lun 1 Oct - 19:13

- Mon nom, c’est Adriel. Adriel Rosewood. Et tu as raison, j’ai bien subi ce que le destin m’a imposé. Mais la seule raison pour laquelle j’ai subi sans rien dire, c’est que je ne pourrai jamais être vraiment heureux que dans un endroit, et que cet endroit n’existe plus.

J'écoute sa voix douce qui parvient à mes oreilles, et savourent ses paroles sages. Je souris sous ma casquette, laissant l'air passer contre mes joues, me caresser d'une main douce et me féliciter d'avoir une conversation philosophique avec quelqu'un. Je me rappelle, qu'un des garçons de la clinique où l'on m'avait enfermé parlait un peu comme ça. Mais il était malheureux, trisomique et n'avait plus de jambes. Il est mort quelques temps après, mais je l'aimais bien. Je le recroise parfois, je le salue, on discute. Puis il me dit qu'il doit fuir, qu'il reviendra, de faire attention. C'est toujours comme ça.

- Sympheris, viens voir. Tu penses que tu pourrais être une violette ? Ou serais-tu une autre fleur ?

Je me retourne, le voyant accroupis devant de magnifiques violettes. Je souris, presque attendris par la jolie caresse qu'il offre à ces somptueuses fleurs. Je m'approche, et me mets à ses côtés, pliant mes jambes pour arriver à sa hauteur. Je laisse tomber ma casquette dans mon sac et prend les pétales dans ma main, cueillant un des jolis bourgeons entre mes mains, pour admirer et comtempler une des merveilles de la nature. Je pousse un petit rire franc, un son qu'on entend pas beaucoup sortir de ma gorge et de mes entrailles.

- Je serais une Yucca. Ca signifit "jusqu'à la mort". Mais surement pas des violettes. Elles signifient souvent l'amour doux, quelque chose de très pieux et enfantin. Un amour naissant, un vrai. Avec ça, on ne peut pas renier qu'on est amoureux d'une personne.

Je laisse tomber la petite fleur de mes mains, et elle roule jusqu'à Adriel. Je regarde son visage et rougis, baissant mes yeux. Je dis n'importe quoi.

- Mais qui sait ça, hein ? On s'en fiche pas mal. Le mieux, c'est d'être normal, de ne pas se faire remarquer. Alors, ne soyons pas des fleurs. Simplement des hommes.

Je me relève brutalement, chassant une mèche de mon visage.
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